Les ouvertures dans les murs

 

Plus un mur est percé d'ouvertures, plus il est fragile notamment aux poussées des voûtes. C'est la raison principale de la faible surface d'ouvertures dans les murs gouttereaux qui supportent les voûtes. La surface est souvent plus importante dans les pignons. D'autres raisons, d'ordre d'isolation (les murs épais en maçonnerie ont une grande inertie thermique), guidaient les anciens dans la restriction de la surface des ouvertures pour limiter les déperditions calorifiques.

Les jambages

Quand les jambages ne sont pas taillées directement en carrière, ils sont choisis sur le chantier parmi les pierres les mieux équarries qui sont triées et mises à part. La meilleure façon de bien liaisonner le jambage avec le mur est de choisir un appareillage en "panneresses et boutisses" (fig. 4). Il n'est pas rare de voir des jambages construits avec des pierres debout, posées la plupart du temps en délit (fig. 5). Cette disposition - quand la queue vers l'ébrasement n'est pas suffisamment profonde - soumet le jambage à la poussée au vide par un mauvais liaisonnement avec le corps du mur et l'ébrasement, en même temps qu'il expose au délitage de la pierre.

Fig. 4 Fig. 5

L'ébrasement

L'ébrasement permet de diffuser largement la lumière dans la pièce. Sa forme évasée le raccordant au jambage par la feuillure, complique le liaisonnement de la maçonnerie. C'est souvent à cet endroit que se produisent les fissures. L'attention doit donc se porter sur le liaisonnement de cette partie (fig. 6).

Fig. 6

Le linteau

On sait que la pierre, qui a une grande résistance à la compression, résiste peu à la flexion. Il faut donc donner au linteau une bonne épaisseur (qui est de l'ordre du tiers de la portée), l'encastrer peu profondément pour ne pas le  soumettre au cisaillement et le soulager par un arc de décharge (fig. 7).

Fig. 7

La plate-bande

La plate-bande est en quelque sorte un linteau appareillé qui fonctionne comme un arc. Elle permet de franchir un espace plus grand qu'avec le linteau. Il est surtout plus facile de mettre en place une succession de claveaux qu'un linteau monolithique de forte épaisseur. Par contre si le linteau ne retransmet que des charges verticales, la plate-bande exerce de s poussées latérales qu'il est nécessaire de contrer, sinon les claveaux s'affaissent. 

Le rayonnement des pierres formant claveaux se raccorde à un point de centre situé sur l'axe de la baie à une distance des naissances que l'on situe généralement à une fois et demie la largeur de la baie (fig. 8).

Fig. 8

Les arcs

Les arcs sont constitués de voussoirs, rayonnants à un point de centre déterminé en fonction de la forme de l'arc qui peut être en plein-cintre (fig. 9), surbaissé (fig. 10), en anse de panier (fig. 11) pour les formes les plus courantes. Les voussoirs, dans la région, sont le plus souvent limités à deux unités raccordées à la clef (fig. 12).

Fig. 9

Fig. 10

Fig. 11

Fig. 12

Les seuils et les appuis

Ces éléments de construction sont fortement sollicités  à l'usure par frottement ou par érosion. Les pierres qui les constituent sont donc choisies pour résister à ces contraintes.

Les pierres d'appui viennent en continuité  des pierres de jambage formant l'encadrement de la baie (fig. 13). Cet ensemble se trouve aligné, dans la majorité des cas, au même nu que la maçonnerie formant le corps du mur, ce qui a pour effet de le placer en retrait dy nnu fini de la façade quand celle-ci est enduite et que les encadrements restent apparents ; l'enduit vient mourir sur la pierre.

Le rejingot sur lequel repose la menuiserie, isolée par un joint étanche, doit être suffisamment relevé par rapport au dessus de l'appui pour jouer pleinement son rôle de barrage aux pénétrations d'eau.