Le tassement et les conséquences qui en résultent sur les constructions monolithiques contemporaines ont un impact beaucoup plus sensible que les anciennes constructions qui tassaient tout autant mais dispersaient leurs fissures dans l'épaisseur de leurs murs en moellons.
Dans le tassement il faut distinguer le tassement général du tassement différentiel. Dans le premier cas, il faut distinguer le tassement général du tassement différentiel. Dans le premier cas, la construction tasse d'une manière égale sur l'ensemble de la surface sans autres dommages qu'un "enterrement" - qui peut être préjudiciable à des canalisations passant sous la construction. Dans le second cas la construction tasse plus d'un coté que de l'autre en la déséquilibrant et en lui infligeant des contraintes qui font naître des fissures. Dans une telle situation il faut reprendre les fondations en sous-oeuvre et renfermer les fissures.
Les désordres dus aux tassements sont rares sur les constructions anciennes sauf quand les modifications d'environnement interviennent (abaissement d'une chaussée au ras d'un bâtiment, trafic roulant engendrant les vibrations, etc...). Les reprises en sous-oeuvre sont plus courantes pour les constructions monolithiques avec des fondations en béton armé. Plusieurs solutions sont possibles : soit des reprises sous l'ancienne fondation par passes alternées, soit par reprises par micropieux.
Ces techniques ne se justifient guère en terrain stable tel que le Causse. Lorsque les murs se fissurent on pense plutôt à les chaîner par des tirants en fer qui traversent le bâtiment au niveau d'un plancher et qui ressortent à l'extérieur munies d'une ancre décorative (souvent un X). Le tirant est tendu d'une façade à l'autre par serrage ou par clavetage.
S'il est un tabou dans les constructions modernes, c'est bien celui concernant la fissure ! Elle est souvent attribuée à la vitesse d'exécution des travaux quand cd n'est pas à l'incompétence du maçon. En vérité, c'est une question de matériaux. Les matériaux monolithiques, à l'image du béton banché ou de ses dérives : les blocs agglomérés, ont un comportement différent d'une maçonnerie en petits éléments tels que les moellons. Dès qu'une contrainte s'exerce sur une maçonnerie monolithique, elle se rompt en provoquant une fissure qui peut se stabiliser ou aller jusqu'à la lézarde.
Il faut parfois provoquer les fissures en réalisant un joint de rupture par exemple dans le cas d'extension d'une construction pour ne pas lier la nouvelle à l'ancienne. Pour juger de l'évolution de la fissure on pose un témoin. Ce n'est que lorsqu'elle est stabilisée (par des travaux de reprise en sous-œuvre par exemple) que l'on peut boucher les fissures.
Les petites fissures, de l'ordre du millimètre, sont dégarnies ou agrandies à la disqueuse. Une fissure non traversante se traite sur un simple masticage après l'application d'un fond de joint alors qu'une fissure plus importante reçoit un coulis d'injection à base de mortier expansif du type mortier de scellement.
Dans les veilles maçonneries on traite la lézarde par colmatage ou par remaillage. Le colmatage consiste à injecter un coulis à base d'une barbotine de chaux aérienne pouvant être bâtardée à la chaux hydraulique naturelle. En période fraîche il est préférable de n'utiliser que la chaux hydraulique, et l'hiver un coulis de ciment adjuvanté d'un fluidifiant et d'un expansif. Le coulage se fait par gravitation ou par injection sous pression. La lézarde est obturée au plâtre sur chaque parement en prenant soin de réserver des évents tous les mètres environ de manière à chasser l'air au moment du coulage.
Dans les murs épais on procède par un remaillage, c'est à dire que l'on procède à une reprise de maçonnerie de part et d'autre du parement sur une profondeur de queue de moellon de manière à rassembler les deux parties en les liant le mieux possible.