Les Cordeaux

On les appelle quelquefois "lignes" mais ce terme devrait être surtout réservé au cordeau plus petit servant à tracer ou à briqueter. Celui qu'utilise le limousinant est plus gros (3 mm environ).

Le cordeau bas sera fixé comme l'indique la figure 34 sur des fiches quelconques (chevillettes plates, fiches en bois, etc...) enfoncées dans un joint vertical de la première ou deuxième assise. Une des deux fiches peut servir d'enroulement à l'excédent de cordeau.

Les fiches en bois taillées dans une planchette ou une latte plate sont préférables car étant relativement larges ou peu épaisses, elles ne tournent pas dans le trou de fichage, au moment de la tension du cordeau (inconvénient donné par les fiches carrées ou suffisamment larges). Ces fiches doivent se trouver le plus près de l'angle dans chaque amorce, sensiblement inclinées vers le haut et l'extérieur. Lorsque le mortier aura fait pose, on se servira de chevillettes en acier ou fer.

Le cordeau est simplement fixé par un tour mort complet autour de cette fiche, dans lequel le brin libre est passé en dessous de l'arrête inférieure arrière (fig. 34).

Il est tendu en ayant soin de laisser un vide appelé "jour de ligne" d'environ 7 à 10 mm, entre l'intérieur du cordeau et le parement général du mur, auquel le cordeau reste parallèle.

Le cordeau haut pourra être tendu de la même façon que celui du bas ou encore mieux comme l'indique la figure 35, on pose à plat, sur l'arase de chaque amorce une planchette assez large (au moins 10 cm) et très mince, plus lorsque que l'épaisseur du mur et que l'on peut même au besoin tailler en pointe à la façon d'un piquet et ficher dans la paroi de la fouille les planchettes serviront de support au cordeau.

Il est bon de les poser sur un lit de mortier et de les tasser pour leur donner une bonne assiette ou les immobiliser en les chargeant d'un moellon assez lourd partant sur la planchette et en avant (fig. 35). Ces supports doivent pouvoir supporter la tension du cordeau.

Le cordeau est fixé sur ces supports en liant à chaque extrémité (ou à l'une d'elle seulement) un moellon léger suspendu et fixé par le brin libre du cordeau. Dans ce cas, le cordeau sera simplement passé sur le dessus du support sans aucun tour ou bien par dessus avec un tour mort libre sur le dessus.

Ce dispositif s'appelle "faire un renard". Les cordeaux sont repérés  par une marque faite au crayon ou une encoche faite sur l'arrête supérieure arrière, en réservant le même jour la ligne que pour le cordeau bas. On les dégauchit à l'oeil et on vérifie l'aplomb à l'aide du fouet de fil à plomb qui posé tangiblement au cordeau haut, doit être tangent au cordeau bas.

Remarque : Les cordeaux devront être tendus surtout par temps de grand vent.

Là où le vent souffle fortement, les cordeaux seront de faible diamètre et les supports fixés et immobilisés avec un soin particulier pour permettre une plus grande tension.

Lorsqu'ils resteront en place plusieurs jours, ils seront détendus le soir en rendant libre le tour de fixation. Il suffit pour cela de faire sauter le bri de dessus su un côté pour libérer le brin libre qui se trouvait pincé par celui-ci. Les cordeaux sont détendus parce qu'ils se resserrent et tirent sur les supports sous l'influence de l'humidité. En séchant, ils se dilatent, c'est pour cette raison que l'été au soleil, il est nécessaire de les retendre de temps à autre, la figure 37 montre un cordeau tendu sur un support et le même détendu.

Il est facile de faire les deux cours de ligne avec un seul cordeau. Les brins libres doivent être très lâches à pouvoir tendre et détendre à volonté.

Les cordeaux sont pliés en pelote, ou enroulés autour dune planchette et rangés à l'abri de l'humidité.