Soutènement 

Contrairement au perré, si on veut maintenir le talus en le raidissant, il convient de soutenir les terres au moyen d'un mur qui prend alors le nom de "mur de soutènement" et dont le but est d'empêcher les éboulements. Recevoir une poussée des terres qui lui sont adossées, on conçoit facilement que son épaisseur doit être d'autant plus grande que le talus est plus près de la verticale. Des calculs théoriques montrent que cette poussée est inclinée sur la face de contact. Le limousinant doit se rappeler afin de bien comprendre que sous l'action de cette poussée, le mur peut se rompre de trois manières.

1- par rotation autour de l'arrête extérieure de la base.
2- par glissement suivant une surface transversale et l'on peut admette que les surfaces dangereuses sont des lits des assises horizontales, surtout pendant la période où le mortier n'a pas fait sa prise complète.
3- par écrasement si en certains points, la pression dépasse la résistance des matériaux employés.

Le premier mode de renversement, par rotation autour de l'arrête extérieure à la base, est le plus important.

Afin d'obtenir la stabilité de ces murs, on se rend bien compte qu'il y a souvent avantage à leur donner un autre profil que le profil normal d'un mur ordinaire. Les divers profils usités sont reportés sur la figure 101.

1- profil rectangulaire, les deux parements sont d'aplomb,
2- parement extérieur à fruit, parement vertical la poussée allant en diminuant de la base vers le haut, il est naturel de varier l'épaisseur dans le même sens,
3- parement extérieur vertical, fruit intérieur,
4- parement à gradins ou redans,
5- deux parements inclinés vers l'intérieur,
6- deux parements inclinés vers l'intérieur avec contreforts intérieurs.

Ces murs sont construits suivant toutes les indications données précédemment. Les plans de rupture par glissement nécessitent l'emploi d'un mortier de grande résistance. Il faut employer des moellons très adhérents au mortier.

La pose en délit n'est pas d'un grand inconvénient comme dans les murs verticaux (exception faites toutefois pour le délitage par le gel et autres phénomènes atmosphériques). C'est pour cette raison que de nombreux murs de soutènement surtout en ouvrages d'art, sont traités en mosaïques. Le blocage en ce qui concerne la disposition et l'enchevêtrement des moellons n'a pas la même importance que pour les murs verticaux (il faut toutefois, respecter les règles d'usage).

Les appareils antiques

Avant les romains, les pelasges, peuplade d'origine sémitique vivant dix siècle avant J.C. ont pratiqué dans la construction de leurs remparts acropoles, ... un appareillage polygonal cyclopéen (fig. 4). Les pierres énormes étaient assemblées sans mortier, les unes dans les autres. La solidité de la maçonnerie était telle que lon en trouve encore des vestiges de nos jours en Asie mineure, Grèce, Espagne, etc...

Polygonal cyclopéen L'opus incertum moderne
cet appareillage dérive directement de celui des anciens. Le dessin est irrégulier.

fig. 4 fig.5 

Peu utilisés en Cévennes.