La protection des bois présente deux aspects : la préservation des bois, relative aux altérations biologiques (insectes, champignons) et la finition qui est destinée principalement à les protéger contre les altérations physico-chimiques (soleil, lune, et intempéries). un bois sec, mis en oeuvre dans de bonnes conditions, est pratiquement inaltérable. Des bois de charpente, en place il y a près de mille ans, continuent à remplir leur fonction, et le feront encore pendant des siècles, si les couvertures des bâtiments sont correctement entretenues.
Les traitements préventifs et/ou curatifs sont régis par la norme française X 40-500, intitulée : "Préservation du bois dans la construction". Les xylophènes (ou produits similaires) donnent de bons résultats. ils sont beaucoup moins gras qu'ils ne l'étaient par le passé. Les bois peuvent être immergés, badigeonnés au pinceau, imprégnés à l'aide d'une seringue qui permet d'introduire le produit dans les trous des insectes ou pulvérisés à l'aide d'une bombe aérosol.
Les xylophènes ont l'avantage d'être très efficaces contre les insectes et les champignons xylophages. Ils ont l'inconvénient de laisser une pellicule à la surface du bois. Cette pellicule peut être incompatible avec la finition choisie. Certains produits hydrofuges peuvent contenir des adjuvants comme de la paraffine ou des dérivés de silicones, qui compromettent l'adhérence de la finition. Le gras de la surface peut éventuellement être enlevé à l'aide de trichloréthylène. Les Frères NORDIN proposent un insecticide-fontgicide non gras qui évite ce genre de problème.
Si les bois ont été attaqués par la mérule, leur état de surface est généralement tel qu'ils ne peuvent être conservés. Un placage épais ou un remplacement est donc à envisager. Si les bois ont été attaqués à la vrillette, même si l'agression est relativement importante, il peut être décidé de conserver la pièce. Dans ce cas, il est possible de la renforcer à l'aide d'une résine spéciale produites par Les Frères NORDIN. Cette résine "Résibois-insceticide" se passe à la surface du bois à l'aide d'un pinceau. Très liquide, elle pénètre à l'intérieur des pores du bois et remplit les galeries creusées par les insectes. Deux couches de produit peuvent être nécessaires pour renforcer le bois très agressés. Passé le soir sur le bois, le produit durcit toue la nuit et la pièce peut être retravaillée le lendemain matin. Cette résine est apte à recevoir tout type de finition, y compris le vernis.
Les panneaux : les éléments en trop mauvais état pour être conservés seront remplacés par des bois d'essence et de dimension identiques à ceux existants. Les assemblages anciens serviront de modèle et seront respectés. Une fois les panneaux remontés, es bois seront raplanis au rabot fin pour effacer les traces des machines outils. ils seront passés au racloir pour enlever les dernières imperfections. Les teintes des bois seront homogénéisées comme nous l'évoquons ci-dessous pour la mise en teinte des pièces.
Les planches en contreparement : au cours de la restauration, il peut s'avérer nécessaire de remplacer une de ces planches. La nouvelle planche dégauchie et rabotée à la machine, aura sa face visible passée au riflard légèrement rond pour que son état de surface soir identique à celui des planches demeurées en place. Cette planche sera peinte de la même couleur que celle conservée.
Cet aspect du problème général de la restauration comprend trois étapes principales : le nettoyage de l'ouvrage, la mise en teinte des bois et la protection de la surface.
Le nettoyage des ouvrages : l'objectif du nettoyage est de réussir à enlever l'ancien produit de protection sans enlever la peau du bois, on dit aussi sa croûte, c'est à dire cette couleur particulière que le bois a pris au cours des siècles. Il convient donc d'agir avec prudence au niveau des produits employés et avec délicatesse lors du nettoyage de la surface. Le nettoyage d'un bois ancien est aussi délicat à réussir que celui d'une pièce de serrurerie ancienne. En principe le ponçage au papier de verre est à exclure. ce ponçage présente trois inconvénients principaux. Il agresse la peau, au risque de la détruire. Il écrase les arêtes des moulures, réduisant à néant ainsi toute l'attention et le soin qu'on a mis à fabriquer et à affûter les outils. Il risque de découvrir les galeries des capricornes. Elles fusent juste sous la surface du bois et seront impossibles à dissimuler si elles sont découvertes.
Les peintures à l'huile et les vernis anciens sont enlevés au décapant de type décapex, ou superdécap de chez Laverdure. Le produit est étalé à l'aide d'un pinceau sur la surface à nettoyer. Ce produit agresse légèrement la peau des mains. Il est donc conseillé d'utiliser des gants en caoutchouc. On attend le temps nécessaire pour que le décapant produise son effet. Ce temps est variable en fonction du produit à décaper mais 5 à 10 minutes suffisent généralement. Il convient d'être attentif s'il s'agit de bois tendre car le produit peut attaquer les fibres et raviner la surface. Il n'y a rien à craindre s'il s'agit de chêne, de châtaigner, de merisier ou de noyer.
Le produit est enlevé à l'aide d'une grosse laine d'acier pour le premier passage. Si la peinture ou le vernis n'est pas totalement enlevé, on repasse une seconde couche de décapant. Celui-ci est enlevé à son tout avec une laine d'acier plus fine quand il a produit son effet. Les profils en creux des moulures et les angles des coupes sont parfaitement nettoyés. Si du vernis ou de la peinture subsiste encore dans des endroits difficilement accessibles, on utilise l'alcool qu'on laisse sécher. L'ensemble de l'ouvrage est ensuite frotté avec du crin d'animal, sanglier ou cheval. Le crin achève le nettoyage et lustre la peau du bois sans l'agresser comme le ferait un papier de verre. Si l'on considère que la surface n'est pas encore assez propre, on passe une couche de sel d'oseille chaud pour qu'il pénètre mieux. On laisse sécher jusqu'à ce que le sel devienne blanc à la surface du bois et on l'enlève avec une brosse à la plume d'oie. Le bois est lavé à l'eau pour enlever l'excès de sel, puis séché et brossé une nouvelle fois. Si l'on organise bien son travail, on passe le sel le soir, il sèche pendant la nuit et on brosse le lendemain matin. Si l'on est pressé, on peut accélérer le séchage à l'aide d'un souffleur à froid. Il existe des séchoirs à air chaud et froid, de marque Steinel ou autre, pourvus de variateurs électroniques.
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La pose et la teinture des pièces : la pose d'une pièce neuve dans un ouvrage ancien est toujours une opération délicate à réussir. Le bois ancien a pris une patine qu'il est très difficile de reproduire artificiellement. Les fibres ont un écartement et un dessin pratiquement unique dont on ne peut pas se rapprocher. La forme de la pièce influe aussi sur les difficultés que présente sa pose. Si elle est circulaire, comme le percement nécessaire au passage du canon d'une serrure, trois solutions sont possibles. On taille un noeud dans une planche et on l'ajuste dans le trou. Le noeud est naturel mais les fibres du bois qui l'entourent n'ont pas un dessin correspondant à la présence réelle d'un noeud. S'il s'agit de l'emplacement d'un noeud ancien de mauvaise qualité cette solution est plus satisfaisant. On peut aussi bouchonner le noeud, ou le trou, à l'aide de petites chevilles que l'on colle les unes à côté des autres et dont on rabote l'extrémité. Les chevilles enfoncées à force, exercent une pression sur la périphérie de l'orifice. On obtient un collage de qualité qui ne risque pas de lâcher, même s'il se produit un léger retrait dû au séchage du bois. L'aspect produit par le bois u en bout est assez proche de celui d'un noeud naturel. On peut aussi débiter une pièce en bois de fil dont le chemin des fibres est aussi proche que possible de l'élément destiné à la recevoir. Cette solution exige une recherche soignée et attentive dans le stock de chutes sont on dispose dans chaque atelier. |
S'il s'agit d'une pièce de forme carrée, comme une entaille de serrure par exemple, le problème est encore plus complexe car les solutions possibles sont moins nombreuses. En fait il n'y en a qu'une. Elle consiste à rapporter une pièce de même forme, parfaitement ajustée, et dont les fibres correspondent au mieux avec l'élément qui la reçoit. La recherche de la pièce adéquate peut donc demander pas mal de temps, d'où un coût de réparation relativement élevé. S'il s'agit de mettre une pièce à la place du bois défectueux, on veillera à ne pas pratiquer de coupe perpendiculaire au fil du bois car le raccord des fibres est toujours délicat à bien réussir. Pour simplifier le problème on pratique une coupe oblique car elle permet de mieux jouer la position de la pièce pour marier les fibres.
La pièce étant en place, il convient de la teinter pour que sa couleur se fonde au mieux avec l'ensemble de l'élément. La meilleure restauration consiste à rendre la pièce invisible. Pour teinter le bois, nous disposons de toute une gamme de produits variables en fonction de la couleur recherché. D'une manière générale, la pièce rapportée est de couleur plus claire. Il convient donc de l'assombrir. La solution varie en fonction des bois employés. En gros, on distingue les feuillus des résineux, et les bois sans tanin des bois à tanin. Le chêne et le châtaigner, pour ne citer que les principaux, constituent donc un groupe particulier.
Pour assombrir les résineux et les bois blancs, la teinte la plus courante est le brou de noix. De couleur brune, il permet de foncer les bois trop clair (on peut également utiliser de la chicorée ou du thé). Il est possible d'éclaircir le brou de noix en l'additionnant d'eau. Pour le rosir, on lui ajoute, une pointe de teinte de merisier. Un ton plus gris sera obtenu en ajoutant du bicarbonate de soude (de couleur jaune clair) au mélange précédent. On peut également lui ajouter du sel d'oseille. De couleur blanc translucide, il fait rosir les tons. Le mélange de bichromate de soude et de sel d'oseille donne un ton brun/roux qui vire au vert quand on le mouille avec de l'eau. Il devient gris en séchant. Il est possible de donner du mordant au mélange obtenu en y ajoutant une pointe d'ammoniaque. Le dosage de ces produits varie toujours avec la couleur recherchée. De même, on obtient des résultats différents en fonction du nombre de couches que l'on passe sur le bois. Il convient donc de faire des essais de teintes sur une chute du bois que l'on a utilisée.
Pour foncer un bois à tanin, le bichromate de soude convient le mieux. Ce produit se présente sous la forme de cristaux orangés que l'on dissout dans l'ammoniaque . Pour deux cuillères à soupe de cristaux, il faut un litre d'ammoniaque. On ajoute au mélange une cuillère de sel de mer. Pour accélérer la dissolution on chauffe le mélange à feu doux. Il convient de veiller à ce que les cristaux soient bien dissous car un seul grain va produire une tâche sur le bois. On coupe le mélange avec de l'eau, en fonction de la densité du ton que l'on souhaite obtenir. Compte tenu de l'odeur de l'ammoniaque, la préparation se fait dans un endroit bien ventilé. Si l'on souhaite homogénéiser la couleur d'un ouvrage entier, on construit une sorte de tente en plastique,bien étanche dans laquelle on place l'ouvrage, sur une paire de tréteaux par exemple. On introduit le récipient contenant le produit chaud sous la tente et on referme à l'aide de bastaings que l'on pose sur le plastique, afin de l'appliquer contre le sol. Quand le bois est teinté, on le ravive avec un petit coup de crin puis de brosse de plume d'oie.
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Pour homogénéiser la couler du noyer, on choisit d'assombrir les bois les plus clairs. Il est plus facile d'assombrir un noyer clair que d'éclaircir un noyer sombre. En fonction de la densité du ton à obtenir, on éclaircit du brou de noix avec de l'eau. Une pointe de merisier permet de rosir la teinte. Afin que la teinte morde mieux, elle peut être allongée avec de l'ammoniaque. Le mélange obtenu est étalé avec un pinceau ou une éponge. La teinte pénètre dans le bois sur une profondeur de 1,5 à 2 mm, ce qui est suffisant. Le noyer peut se décolorer avec de l'eau oxygénée à 220 volumes. Il s'agit donc d'une opération dangereuse qui nécessite l'emploi des gants et de lunettes. Quand le produit a fait son effet, on lave le bois à grande eau pour enlever le maximum de sel. Comme il en reste toujours un peu, on l'enlève avec du vinaigre d'alcool blanc que l'on passe à l'éponge. Dans l'immédiat, le résultat sera satisfaisant mais, un ou deux ans plus tard, le sel va revenir à la surface du bois et le vernis va perdre son éclat et va virer au gris. |
Pour pâlir légèrement le noyer, on peut utiliser de l'eau de javel que l'on mélange à de l'eau dans une proportion de 50% environ. On peut utiliser du sel d'oseille, éventuellement additionné d'eau. On chauffe le mélange pour qu'il pénètre mieux dans le bois. La solution se passe au pinceau. Quand le bois est sec, on le lave avec une éponge trempée d'eau.
Après la mise en teinte, l'ouvrage peut recevoir sa couche de finition. Souvent il est fait appel à une peinture pour effectuer un travail soigné. Le menuisier peut aussi s'en charger, mais certaines règles sont à respecter. La première consiste à choisir la peinture ou le vernis adapté au problème posé. Ainsi, il convient de savoir que le chêne ou le châtaigner placé à l'extérieur doit être de préférence peint, à moins qu'il ne soit bien protégé des intempéries. Pour les travaux extérieurs, les vernis formophénoliques doivent comporter une proportion de standolie de lin, qui donne de la souplesse au produit , et une proportion de standolie de chine pour résister à l'eau. Les vernis glycérophtaliques "longs" en huile, sont déconseillés dans les régions du littoral. Pour une finition à l'aide d'un vernis il convient de prévoir une couche d'impression, avec un produit spécial ou en ajoutant 20% d'un adjuvant au vernis employé, et deux ou trois couches de finition. La couche d'impression sera légèrement poncée avec le passage de la couche suivante.
Outre les produits que l'on peut se procurer dans le commerce, il convient de disposer le réchaud pour faire chauffer les produits qui le nécessitent. De petits gobelets en verre du genre de ceux qui contiennent les aliments pour bébés, pour recevoir les produits dont on se sert. Des pinceaux en nylon de différentes largeur (il en faut un pour chaque produit utilisé, soit trois quatre ou cinq pour une même opération de teinture). Du crin d'animal, que l'on récupère chez un tapissier ou un matelassier. De la laine d'acier de différente grosseur.